Ψυχοσάββατο ( Samedi en mémoire de l’âme des défunts) et Κόλυβα ( Kollyves ) à Symi…

Ψυχοσάββατο ( Samedi en mémoire de l’âme des défunts) et Κόλυβα ( Kollyves ) à Symi…

Chez les grecs, mais aussi chez tous les Chrétiens Orthodoxes, nous commémorons nos défunts quatre fois dans l’année et c’est ce qu’on appelle le “ Ψυχοσάββατο “ qui est le Samedi des âmes des disparus. À l’heure du Mont Athos en Grèce, à Symi comme dans tous le pays, en général les femmes se rendent à l’église le vendredi soir avec leur assiette ou leur plat de “ Κόλυβα “, les kollyves en français, préparés chez elles et qu’elles distribuent aux présents à la fin de la cérémonie religieuse, dans l’église. Elles en emportent aussi chez elles pour en faire manger la famille qui commémore ainsi l’âme de tous ses morts . Sur la photo les kollyves au sein de l’église de “ Παναγία την Αληθινή “ ( La Toute Sainte Véridique ) qui était la paroisse de ma grand-mère Katèrina, sur la route du village du Pèdi à Symi.

Les kollyva, en usage rituel en Grèce depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, sont une préparation traditionnelle exclusivement faite pour les enterrements ou les rituels mortuaires des orthodoxes, également dénommée colivă en Roumanie et Moldavie, koliva en Serbie, Monténégro, Macédoine du Nord et Bulgarie et koutia en Ukraine, Biélorussie et Russie. C’est une préparation à base de blé concassé et bouilli, mélangé avec des noix, du miel, des zestes d’orange, des raisins secs et de la cannelle. Elle est partagée seulement après le service mémoriel en l’honneur d’un défunt, ou au cours des funérailles, après avoir été bénie par un prêtre orthodoxe. Les kollyves ont été inventées par saint Théodore Tiron. Selon cette tradition, l’empereur Julien (361-363), pour forcer les chrétiens à accepter le culte impérial, aurait ordonné au gouverneur de Constantinople d’arroser les aliments dans les marchés avec du sang des victimes sacrifiées aux dieux romains, durant la première semaine du Carême. Saint Théodore aurait alors dit aux chrétiens de ne rien acheter dans les marchés, mais plutôt de manger du blé cuit avec du miel.